La fissure anale est une déchirure non cancéreuse de la peau qui recouvre la partie basse de l’anus, à proximité du sphincter anal. Cette pathologie provoque habituellement des douleurs et des saignements.
Les conséquences et complications fissuraires:
– Les douleurs intenses :
Les douleurs sont typiquement au passage des selles ou à la position assise prolongée, et peuvent persister plusieurs heures après la défécation. L’intensité des douleurs peut créer une appréhension d’aller à la selle, et devenir invalidante. La cicatrisation est spontanément longue, pouvant durer plusieurs mois, avec des périodes de réactivation.
– Les saignements fissuraires :
Les saignements sont souvent déclenchés par le passage de la selle, avec des douleurs associées. Ils peuvent être plus ou moins abondants, à type de traces de sang sur le papier toilette en fin de défécation.
– L’apparition de pseudo-marisques ou papilles hypertrophiques:
Il s’agit d’un relief voire d’un épaississement de peau sur le bord de l’anus.
Les pseudo-marisques ou papilles hypertrophiques sont dues à une cicatrisation longue voire chronique. Elles se situent sur le bord externe de la fissure anale (pour les pseudo-marisques) ou sur le bord interne de la fissure dans le canal anal (pour les papilles hypertrophiques). Ce sont des « éléments satellites » de la fissure anale. Même après cicatrisation de la fissure, elles peuvent persister.
– Hypercontraction anale:
La fissure anale est souvent associée à une fermeture excessive de l’anus, liée à une sorte de spasme permanent des muscles de la continence (sphincters). Ce spasme est souvent douloureux et rend l’examen de l’intérieur de l’anus très difficile. Cette maladie ne doit pas être confondue avec d’autres plaies de l’anus liées à d’autres maladies (infection virale, eczéma et autres maladies de peau).
– La surinfection fissuraire avec fistulisation et abcédation:
Il s’agit d’une surinfection de la fissure anale, évoluant constamment dans un milieu fécal contaminant. Il naît alors une communication entre le milieu intra-anal et la partie cutanée de l’anus, avec formation d’un trajet fistuleux et d’un abcès anal. Il s’agit alors d’une indication chirurgicale.
ATTENTION !! Aucun des symptômes anaux ne signe avec certitude une maladie fissuraire. D’autres maladies peuvent être responsables de signes identiques (douleurs, brulures, procidence, saignements…). C’est pourquoi des symptômes chroniques doivent inciter à consulter un médecin spécialisé.
Le traitement de la fissure anale :
– Les traitements médicamenteux :
Ils consistent à calmer la douleur (médicaments antalgiques ou anti-inflammatoires) et surtout à régulariser le transit intestinal (laxatifs). On peut aussi appliquer des agents locaux cicatrisants (suppositoires et crèmes). Ces traitements sont suffisants pour 1 personne sur 2, voire 3.
– Les traitements locaux:
Ils sont proposés afin de lutter contre le spasme du sphincter anal interne. Ils ont tous pour but d’obtenir une levée de la contraction sphinctérienne par l’application locale de médicaments ayant un effet de relâchement musculaire.
Il existe 2 types de médicaments : ceux qui agissent par l’application répétée de pommade et ceux qui agissent pendant plusieurs mois après une injection dans le muscle.
Ils appartiennent à 2 familles de médicaments : les inhibiteurs calciques et les dérivés nitrés.
Ils permettent la cicatrisation de la fissure anale de 3 malades sur 4.
Certains autres traitements peuvent vous être proposés, comme la toxine Botulique ou des injections sclérosantes, traitements qui peuvent être séduisants, mais les produits ne disposent pas encore d’autorisation dans la fissure anale en France, du fait de l’absence d’évaluations scientifiques rigoureuses, ce qui rend impossible leurs utilisations en pratique courante.
– Les traitements chirurgicaux :
Ils peuvent être proposés en cas de fissure anale chronique ou compliquée, ou lorsque les douleurs persistent de façon importante ou répétée, malgré un traitement médicamenteux classique. Ils font appellent à 3 méthodes différentes :
• L’ablation de la fissure anale (dite fissurectomie) +/- recouvrement (anoplastie).
Cette technique permet d’enlever la fissure anale mais également les petits éléments associés à la fissure (pseudo marisque, papille hypertrophique). Certains chirurgiens effectuent de manière associée un recouvrement de la plaie par de la peau ou muqueuse afin d’en améliorer la cicatrisation (anoplastie).
• Une section partielle du sphincter interne (dite sphinctérotomie ou léiomyotomie latérale).
Cette technique permet de lever le spasme des muscles de la continence. Elle s’effectue à distance de la fissure qui est laissée en place et cicatrise seule. Elle doit être proposée de manière réfléchie et adaptée aux antécédents des patients, notamment obstétricaux…
• La dilatation de l’anus (dite dilatation anale).
Cette technique est simple à effectuer car consiste simplement à étirer progressivement l’anus pour en augmenter son diamètre. Cette technique reste peu utilisée en France, car peut entrainer des déchirures multiples de l’anus.
Les malades confrontés à des douleurs anales attribuées à une fissure anale chronique doivent tenter un traitement médical simple, associant des médicaments laxatifs, des antalgiques et des traitements à visée locale. Cette première démarche permet de faire diminuer la douleur dans la moitié des cas.
La chirurgie de la fissure anale peut-être proposée lorsque les douleurs persistent de façon importante ou répétée, malgré un traitement médical ou local bien conduit.
Le choix de la technique chirurgicale est dépendant de l’expérience des chirurgiens, mais aussi et surtout de l’examen clinique et des antécédents du patient.
